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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 01:59

~~Répressions des manifestations pacifiques contre la violation ou la modification de la Constitution, entraves à la liberté d’expression, menaces, intimidations, arrestations et enlèvements des opposants et activistes des droits de l’homme, coupures de signaux des radios et télévisions… répertoriés « L’État a réprimé plus durement les mouvements de contestation contre les efforts déployés par le président Kabila pour se maintenir au pouvoir au-delà des deux mandats autorisés par la Constitution. Les violations des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique se sont accrues. Des défenseurs des droits humains, des jeunes militants et des responsables politiques ont été menacés, harcelés, arrêtés arbitrairement et, parfois, condamnés pour l’exercice pacifique de leurs droits. Dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), la situation en matière de sécurité est restée instable, de nombreux groupes armés se rendant coupables de graves atteintes aux droits humains et de violations du droit international humanitaire. L’armée congolaise et la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) n’ont pas su protéger la population, ce qui a provoqué de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs », telle est la synthèse du rapport mondial de l’Amnesty International 2015-2016, chapitre RDC. Dans ce document, l’ONGDH exprime sa propre indignation sur la restriction de la liberté d’expression en RDC, surtout les opposants au troisième mandat de Joseph Kabila. En effet, les tentatives de modification de la Constitution en vue de prorogation de la présidence de Joseph Kabila, ont déclenché des manifestations et suscité de très nombreuses critiques, note l’Amnesty International. Pour réprimer les contestataires, le gouvernement de la RDC a recouru à une force excessive, regrette l’ONGDH dans son rapport. Les forces de sécurité ont dispersé des manifestations organisées contre un projet de loi portant modification de la loi électorale, perçu comme une tentative de prolongation du mandat du président Kabila. Trente-six personnes au moins ont été tuées et plusieurs centaines d’autres arrêtées entre les 19 et 21 janvier 2015. Le 15 mars 2015, les forces de sécurité ont fait irruption lors d’une conférence de presse organisée par de jeunes militants dans la capitale, Kinshasa, à l’occasion du lancement d’une plateforme d’éducation civique, Filimbi. Vingt-sept personnes ont été arrêtées. Deux d’entre elles, Fred Bauma et Yves Makwambala, ont fait l’objet de graves accusations, dont celle de complot contre le chef de l’Etat, et se trouvaient toujours en détention à la fin de l’année. Les rassemblements qui se sont déroulés en signe solidarité après les arrestations ont été systématiquement réprimés. Des manifestants ont été arrêtés arbitrairement et soumis à des actes de torture et d’autres mauvais traitements. Le 18 septembre, quatre militants du mouvement des jeunes Lutte pour le changement (LUCHA) ont été reconnus coupables d’incitation à la désobéissance civile, en violation de leur droit de réunion pacifique. Le 15 septembre, un rassemblement pacifique organisé par l’opposition à Kinshasa a été attaqué par des inconnus. La police n’a pas protégé les participants. Le 8 octobre, le maire de Lubumbashi a interdit toute manifestation politique publique dans la ville. Liberté d’expression mise en mal La liberté d’expression a été fortement restreinte tout au long de l’année2. Les autorités ont pris pour cible des responsables politiques et des militants qui s’étaient mobilisés de façon pacifique contre les tentatives présumées du président Kabila de proroger son mandat et les retards pris dans l’organisation de l’élection présidentielle. Vano Kiboko, ancien député de la coalition au pouvoir, a été arrêté et condamné après avoir suggéré lors d’une conférence de presse que la majorité présidentielle devait commencer à préparer la succession du président Kabila. Cette année encore, les journalistes ont été victimes de manœuvres de harcèlement, de menaces et d’arrestations arbitraires, et la libre circulation de l’information était souvent bloquée. Le 16 janvier, le signal d’émission de Canal Kin Télévision (CKTV) et celui de la Radio télévision catholique Elikya (RTCE) ont été coupés après la diffusion par les deux médias de l’appel à manifester lancé par l’opposition. La RTCE a de nouveau pu émettre en juin, mais le signal de CKTV n’a pas été rétabli. La Radio télévision Lubumbashi Jua a été suspendue quand son propriétaire, Jean-Claude Muyambo, a quitté la coalition au pouvoir. La chaîne télévisée Canal Futur est demeurée fermée toute l’année. Lors des mouvements de contestation du mois de janvier, l’accès à Internet et aux services de SMS a été suspendu par les autorités dans un souci apparent de contrôle de l’ordre public. Le signal de Radio France Internationale (RFI) a également été brouillé temporairement. Cinq stations de radio suspendues en novembre 2014 après avoir relayé des informations sur des attaques des ADF le sont restées en 2015. Conditions carcérales Les conditions carcérales étaient toujours extrêmement dures. La malnutrition, l’absence de conditions d’hygiène minimales, les maladies infectieuses et le manque de soins médicaux ont provoqué la mort de plusieurs dizaines de prisonniers. Les lieux de détention étaient en surcapacité totale et l’administration pénitentiaire manquait cruellement de fonds. Cette année encore, des défenseurs des droits humains et des militants ont été la cible de manœuvres d’intimidation, de menaces, d’arrestations arbitraires et de mauvais traitements. Certains ont également été placés en détention secrète sans contact avec le monde extérieur. Christopher Ngoyi, un défenseur des droits humains qui travaillait sur le recours excessif à la force par la police lors des manifestations de janvier, a été arrêté et détenu au secret pendant 21 jours. À la fin de l’année, il était toujours en détention dans l’attente de son procès. Des mouvements des jeunes œuvrant dans les domaines de l’éducation civique et de la gouvernance ont été pris pour cible. Trois jeunes, associés aux organisations Filimbi et LUCHA, ont été arrêtés arbitrairement, puis détenus au secret avant d’être relâchés sans inculpation. Par Godé Kalonji

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Published by diasporanabisomoko.com
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