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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 17:53
Rapport accamblant de l'amnesty international :  Ils sont traités comme des criminels. La RDC fait taire des voix discordantes pendant la période préélectoral

A un an des élections présidentielles de 2016, la répression s’abat sur la société civile et l’opposition en République démocratique du Congo. La justice congolaise est instrumentalisée afin de réduire au silence ceux qui sont en désaccord avec l’idée d’un troisième mandat pour le président Kabila.

Un nouveau rapport, intitulé Ils sont traités comme des criminels. La RDC fait taire des voix discordantes pendant la période préélectoral,révèle qu’en vue de l’élection présidentielle prévue le 27 novembre 2016, la justice a été compromise dans un but politique afin d’écraser la dissidence.

UN CONTEXTE PRÉ-ÉLECTORAL TENDU

La Constitution de la RDC limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Elle interdit par ailleurs la modification du nombre et de la durée des mandats par le biais d’une révision constitutionnelle, ce qui empêche le président Kabila de briguer un nouveau mandat en novembre 2016.

L’annonce par le président d’un possible report des élections a suscité des craintes parmi la population, la société civile et l’opposition. Les tensions s’accentuent avec en toile de fond la crainte que le président Kabila n’annule la limitation du nombre de mandats inscrite dans la Constitution, et ne se présente de nouveau à l’élection présidentielle, qui doit avoir lieu le 27 novembre 2016.

La contestation suscitée par un projet de loi perçu comme une tentative de reporter les élections a débouché sur des manifestations très suivies en janvier 2015. Les forces de sécurité ont recouru à une force excessive face à ces actions de protestation, tuant des dizaines de personnes et en arrêtant des centaines d’autres.

Le climat préélectoral tendu rappelle les manifestations de masse ayant eu lieu au Sénégal, au Burkina Faso et au Burundi après que des présidents en exercice ont tenté d’augmenter le nombre maximum de mandats prévu par la Constitution, provoquant des crises durables.

ARRESTATIONS ARBITRAIRES, DÉTENTIONS AU SECRET, CONDAMNATIONS POLITIQUES

Des militants et responsables politiques qui dénoncent les manœuvres de Joseph Kabila, le président de la République démocratique du Congo (RDC), afin de briguer un troisième mandat, sont soumis à des arrestations arbitraires et, dans certains cas, placés en détention au secret pour des durées prolongées.

Voici quelques exemples de personnes arrêtées. Pour Amnesty International, elles sont toutes des prisonniers d’opinion, arrêtés pour avoir fait usage pacifiquement de leur droit à la liberté d’expression, de réunion et d’association.

Ernest Kyaviro et Cyrille Dowe, des dirigeants de l’opposition appréhendés lors des manifestations de janvier, ont été privés de liberté pendant 86 et 145 jours respectivement sans pouvoir s’entretenir avec leurs avocats. Ernest Kyaviro a été condamné à trois ans de prison, tandis que Cyrille Dowe a été acquitté.

Jean-Bertrand Ewanga, député et dirigeant de l’Union pour la nation congolaise, un parti politique d'opposition, a été condamné à un an de prison pour outrage au président, au Premier ministre et aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale.

Jean-Claude Muyambo et Vano Kiboko, tous deux membres de la coalition au pouvoir, ont été appréhendés après s’être prononcés contre l’idée d’un troisième mandat. Vano Kiboko a été condamné à trois ans de prison. Le procès de Jean-Claude Muyambo se poursuit.

Christopher Ngoyi, un défenseur des droits humains, a été arrêté après avoir effectué un suivi sur le recours à une force excessive lors des manifestations de janvier dans la capitale, Kinshasa, et a été détenu au secret pendant 21 jours. Son procès est en cours.

LES MOUVEMENTS DE JEUNESSE CITOYENS DANS LE VISEUR

Fred Bauma

Le 15 mars, Fred Bauma et Yves Makwambala ont été appréhendés par les forces de sécurité lors d’une conférence de presse pour le lancement du programme de Filimbi (sifflet en swahili), un mouvement de jeunesse. Ils ont été maintenus en détention au secret sous la garde de l'Agence nationale de renseignements (ANR) - qui est placée sous la responsabilité directe du président - pendant 50 et 40 jours, sans être inculpés et sans pouvoir contacter leurs avocats. Malgré l’absence d’éléments à charge, ils ont été qualifiés de « terroristes » et accusés de vouloir renverser le gouvernement par la force. Ils se trouvent toujours en détention arbitraire et risquent la peine de mort, alors qu’aucun élément de preuve

Les actions de protestation réclamant la libération de ces détenus se sont heurtées à une répression systématique et ont été suivies d’arrestations, d’incarcérations et de mauvais traitements aux mains de membres de l’ANR.

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Published by diasporanabisomoko.com
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