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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 11:22

Les changements constitutionnels opérés en Afrique et imposés aux peuples par les dirigeants de ce continent sont motivés par la soif de rester longtemps au pouvoir. Et cela est devenu récurrent dans plusieurs pays, notamment le Burundi, le Congo, la RDC, etc.

Causes

Au départ, justifiés par une volonté de changer les conditions de vie des populations et le fonctionnement de l'État, ces changements sont plutôt pour les dirigeants (pouvoir en place) africains une manière de prendre en « otage » la population et certaine classe politique (opposition). Ce, pour des intérêts personnels ou claniques. Aucune révision constitutionnelle n'a été une satisfaction pour les peuples dans la plupart des cas, au regard du niveau de pauvreté des populations.

Les révisions constitutionnelles à répétition en Afrique

Les pays africains sont dans le hit-parade de changement à répétition de Républiques. Sur cette liste, l'on note la RDC qui en 54 ans depuis l'indépendance, l'ancien Congo belge, devenu Zaïre en 1971, puis redevenu République Démocratique du Congo en 1997, a connu une vie politique particulièrement dramatique, avec autant de constitutions et révisions.
Malheureusement, près de 60% de sa population vit sous le seuil de la pauvreté. Après la constitution du 18 décembre 2006, une révision de la loi fondamentale est, encore, intervenue en février 2011 pour ramener l'élection présidentielle à un seul tour de scrutin, ce qui avait facilité la réélection (maintien) du chef de l'État sortant, Joseph Kabila.

Chose curieuse, 3 ans plus tard, cette révision ne suffit plus. Le gouvernement a adopté un projet de révision constitutionnelle destiné à permettre l'organisation des élections à venir comme il l'entend. L'exécutif de la RDC justifie son choix par la nécessité de « corriger les faiblesses qui ont été à la base des dysfonctionnements observés,» notamment lors des élections législatives et présidentielles. Cette annonce du projet de révision constitutionnelle n'apporte aucune précision sur le contenu des projets de lois et de la révision.
Quant au Congo voisin, l'histoire nous enseigne que le pays a connu huit constitutions et 6 actes fondamentaux. Et à l'orée des élections de 2016, le débat s'est intensifié sur le changement ou non de l'actuelle constitution, adoptée le 20 janvier 2002. Le débat divise la classe politique : majorité et opposition. Pour l'opposition, la motivation de changer la constitution par le pouvoir actuel s'explique par le fait d'accorder la possibilité à Denis Sassou N'Guesso, de se représenter au regard de l'article 57 limitant le nombre de mandats à 2, non renouvelables et de l'article 58 sur l'âge (ne dépassant pas les 70 ans). Or le président sortant ne répond plus aux deux prescriptions de la constitution. Et l'on s'interroge sur ce qu'adviendra cette constitution.

Dans la même perspective, le pouvoir annonce l'argumentaire de la caducité de cette constitution qui a été conçue suite aux événements que le pays a connus en 1997. Donc, c'est une constitution post-conflit qui demande à être changée au regard du contexte actuel. Face à cette raison, le peuple qui est le souverain primaire, ne se retrouve toujours pas dans ce débat politicien.

La conséquence la plus immédiate dans ces changements ou révision de constitution, c'est l'éternel recommencement. Chaque nouveau régime voudrait aussi réviser la constitution pour ses intérêts égoïstes en ne tenant pas compte des aspirations du peuple, ainsi que de son vécu quotidien. Il n'est pas prioritaire dans le fonctionnement de l'exécutif. D'où, l'écart qui existe entre les richesses de ces pays et la pauvreté de leurs populations. Un véritable paradoxe !

Qui doit réviser et comment procéder ?

C'est l'épineuse question que l'on se pose. Généralement, ces révisions émanent des pouvoirs en place sous prétexte que le peuple en a exprimé le besoin. Ce qui pousse à une réaction souvent contraire de l'opposition. Et cela se fait souvent à la veille des échéances électorales. Ce qui laisse dire que les politiques le font pour les intérêts d'un groupe et non au nom des populations. Même s'il est fait avec les règles de l'art (referendum), rien de concret, à part des intérêts démagogues.

Il est normal et souhaitable que les dirigeants africains respectent les constitutions adoptées par leurs peuples.

Albert Foma

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Published by diasporanabisomoko
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commentaires

auto école paris 11 17/07/2014 00:00

Je vous félicite pour votre article. c'est un vrai charge d'écriture. Poursuivez .