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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 12:28
Après 54 ans d’indépendance : L’Abako demande au peuple kongo de se réveiller pour récupérer ses terres spoliées

Comme à l’accoutumée, l’Alliance des Bakongo (Abako) a célébré la fête de l’indépendance à travers une manifestation symbolique organisée à son siège situé sur l’avenue manifeste dans la commune de Selembao. Jeunes et vieux de ce parti politique d’avant-garde se sont retrouvés pour célébrer à leur manière, les cinquante et quatre ans d’anniversaire de l’accession de la RDC à la souveraineté nationale et internationale.

Faisant le rappel des faits, le président général de ce parti politique, Petelo Nsi-à-Muini, a indiqué que des sources orales et écrites recoupent des informations diverses, mais souvent concordantes sur les événements qui ont émaillé l’histoire du peuple kongo, notamment dans ses rapports avec l’Occident et ses rapprochements avec les peuples des Etats annexés à son territoire. Les contacts que les bakongo ont eus avec les Occidentaux en terme de coopération entre Etats souverains dit-il, se sont transformés peu à peu en rapport de dominant à dominé.

De l’occupation portugaise à la colonisation, le président général de l’Abako affirme que les péripéties ont été macabres pour le peuple kongo dia ntotila qui, après sa colonisation forcée, devait englober de fait, d’autres Etats dissemblables de par leurs cultures annexés par Léopold Il. Il poursuit que l’occupation européenne du royaume du kongo avait entraîné la perte de ses valeurs spirituelles, morales, culturelles et scientifiques, rendant ainsi le peuple kongo consommateur des cultures d’importation. De ce fait, explique le président Petelo Nsi-à-Muini, toutes tentatives d’éveil de conscience étaient systématiquement étouffées par l’occupant tandis que les rois insoumis étaient tous assassinés ou exécutés, cas de maman Kimpa Vita qui a été immolé avec son enfant au dos.

Mais le temps fort de cette lutte était marqué par l’action du Prophète Simon Kimbangu Diatungunua, qui relançait la lutte interrompue en 1706 à Mbanza Kongo. En effet, poursuit l’orateur, lors de la Révolution du 04janvier 1959, l’Abako avait utilisé la stratégie de la sagesse et de la non-violence contre la force de feu du colonisateur ainsi que les provocations et agressions des ressortissants des territoires annexés.

Puis vint l’indépendance

Pour garder le cap de la lutte pour l’indépendance, l’Abako, avait boycotté les élections de 1959, sacrifiant ainsi les prérogatives de ses pouvoirs au profit des ressortissants des territoires annexés. Par ailleurs: l’Abako a soutenu jusqu’à la table ronde de 1960, ses revendications pour l’autodétermination, alors que les partis politiques conduits par les ressortissants des territoires annexés, voulaient l’autonomie.

L’Abako accuse par ailleurs la Belgique d’avoir été incapable d’assumer ses responsabilités de faire rentrer chaque communauté dans ses terres naturelles d’origine. Au contraire, elle a imposé un tohu-bohu d’Etats multiculturels sans véritable génie de nation, en fixant une clause de dix ans augmentés de trente ans par l’ONU, pour permettre aux ressortissants des territoires annexés de s’émanciper, laquelle clause est arrivée à son terme en 2000.

Selon l’Abako, la vraie perspective de commencer la formation d’une nation, fut ouverte en 1964, lors de la promulgation de la constitution de Luluabourg par Joseph Kasa-Vubu, suivie de la mise en chantier de 21 Etats fédéraux qui avaient bien commencé leur labour, mais arrêtés net en 1965 par le coup d’Etat de Mobutu.

Depuis cette date, le président général de l’Abako regrette le fait que l’on ait proclamé des héros nationaux, jetant aux oubliettes le parti qui a demandé cette indépendance et son président. La clause d’émancipation étant arrivée à son terme sans qu’elle ait donné lieu à la formation dune RDC-nation, chaque communauté peut librement rétablir la souveraineté de son Etat. Pour cette raison, l’Abako par la bouche de son président général, demande au peuple kongo de s’unir comme en 1959, en vue de revêtir son identité et de rétablir la noblesse de son territoire sacré, légué par les ancêtres. “Si nous restons passifs, la démocratisation fictive prônée habilement par les usurpateurs de notre indépendance et de nos pouvoirs, conduira à terme, à la disparition du peuple kongo dont les terres sont aujourd’hui spoliées par une judicieuse procédure de création hâtive des villes dans le Kongocentral “, a déclaré le président général de l’Abako, dénonçant le fait que tous les postes de responsabilités au niveau de la province du Bas-Congo, sont détenus par ceux qu’il qualifie des usurpateurs. Cela prouve que le peuple kongo est colonisé, dominé, asservi et méprisé, dit-il.

« Le jour où tous les Etats seront à l’œuvre par leurs originaires, les étrangers qui arrivent uniquement pour le pouvoir, seraient mis à nu et confondus. Le kongo central s’engage par le biais de l’Abako, à préparer avec énergie et sévérité, ses enfants en vue d’une vie réussie et utile, tant sur le plan moral que matériel “, a fait savoir le patron de l’Abako.

54 ans d’indépendance : quelle leçon à tirer?

Répondant à cette question, M. Petelo Nsi-a-Muini estime que ce sont 54 ans de perdu, parce que ceux qui ont exercé le pouvoir en RDC depuis 1965, notamment par le coup d’Etat contre Joseph Kasa-Vubu, qui a tout cassé. Le Maréchal Mobutu est venu étouffer l’Abako et tous ses leaders, au point de les rendre tous muets, pour mieux gouverner. Et tous ceux qui ont succédé n’ont pas également arrangé les Choses. Aujourd’hui, les gouvernants n’abordent très souvent que les questions liées aux mandats, aux élections, â la modification de la Constitution et non celles qui sont relatives aux intérêts des populations: pas d’emplois, non gratuité effective de l’enseignement primaire, maigres salaires... Et depuis, le pays n’a fait que reculer.

A une question sur la manière que le peuple kongo devra récupérer ses terres spoliées, le président général de l’Abako répond qu’il ne s’agira d’appliquer l’épuration ethnique comme cela se passe dans d’autres provinces. Le peuple kongo étant de nature pacifique, utilise des termes d’amour avec respect. “Nous sommes plutôt partisans de la remise des choses en ordre, car personne ne peut accepter que sa maison soit dérangée par un étranger. Nous voulons plutôt que chaque peuple soit respecté chez lui ».

A une question sur la position de l’Abako vis-à-vis du calendrier électoral, Petelo Nsia-a-Muini rappelle que l’Abako e toujours refusé de participer aux institutions du pays, étant donné leur illégitimité vis-à-vis du peuple kongo. “ Nous ne reconnaissons aucune institution, raison pour laquelle l’Abako n’a pas pris part à la Conférence nationale souveraine; aux négociations de Sun City; au gouvernement 1+4 et dernièrement aux concertations. Par ailleurs, l’Abako ne reconnaît pas la Constitution de la RDC et les élections qui sont organisées par la CENI, ne sont jamais reconnues par ce parti “, a encore soutenu le président général de l’Alliance des bakongo.
J. W

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Published by massdouglass
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commentaires

auto ecole paris 19 11/07/2014 06:06

Je vous vante pour votre paragraphe. c'est un vrai état d'écriture. Développez .